Présentation de l’éditeur :
Qu’est-ce qui différencie une intelligence supérieure d’une intelligence extraordinaire ? Dans un café de Puente Viejo, gros bourg endormi d’Argentine, deux adolescents disputent une partie d’échecs. L’un d’eux est Gustavo Roderer, nouveau venu dans la ville ; l’autre est le narrateur, champion d’échecs de la région. Contre toute attente, Roderer gagne. Sans plaisir apparent, avec ce commentaire : « Les échecs, c’était juste une expérience ; un modèle. A un petit niveau, bien sûr ». Ce mélange de mépris et d’indifférence restera fiché comme une flèche empoisonnée dans l’orgueil de son adversaire. S’établit pourtant entre les deux adolescents une relation singulière, dépourvue d’affection, où s’affrontent leurs intelligences. Le narrateur, brillant élève bien inséré dans la société, rencontre partout le succès. Enfermé chez lui, incapable d’aimer, Roderer est dévoré par sa quête obsessionnelle d’une philosophie radicalement nouvelle. L’un est contraint de partir pour la guerre des Malouines, l’autre tâte des drogues pour développer ses capacités. Quand l’un mène une vie amoureuse épanouie, l’autre est en butte à l’incompréhension de tous et réduit au chagrin la jeune fille qui l’aime. Mais lorsque le narrateur croit triompher intellectuellement de Roderer et tenir sa vengeance, il ne fait que précipiter vers la mort son ennemi le plus accompli. S’interrogeant sur une préoccupation vieille comme l’humanité, l’intelligence, Guillermo Martínez élabore un récit d’inspiration borgésienne, mélange subtil et dérangeant de romanesque et de métaphysique.
Mon avis :
Le texte est court, 121 pages. Précisément bien écrit. Des phrases limpides, denses. Une analyse psychologique des personnages fine qui nous les rend si réels que l’on s’attendrait à les voir franchir le seuil de notre porte au moment où l’on pose le roman pour reprendre le court de notre propre réalité.
Un texte prenant, qu’il est possible de lire dans le bus sans en perdre le fil, même gêné par les conversations téléphoniques trop bruyantes des voyageurs indélicats !
Certains passages peuvent sembler réservés à une élite cultivée de mathématiciens et/ou de philosophe, mais il n’en est rien ! On peut très bien ne pas connaître les Hegel, Spinoza, Kant ou Leibnitz et apprécier ce livre.
L’exaltation intellectuelle, la compétition entre deux esprits supérieurs, les tourments d’un amour malheureux : voilà ce dont il s’agit plus que de connaissances pointues.
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